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16/01/2018

Le soleil: mode d’emploi

Par: Genepredict
Catégorie: Prévention-mélanome   

Le soleil est source de vie, il est indispensable à l’épanouissement humain comme au développement animal et végétal. Mais il peut aussi devenir un danger pour l’homme si certaines précautions élémentaires ne sont pas respectées.
Le point sur les bonnes pratiques.

 

Composition des rayons solaires

arc-en-ciel

Le rayonnement solaire est composé d’éléments très différents:

Les rayons X et gamma, très énergétiques, capables de transformer un atome en ion (on parle alors de radiations ionisantes). Ils sont arrêtés par la couche d’ozone atmosphérique.

La lumière visible qui se dissocie en différentes couleurs (celles de l’arc-en-ciel). Elle peut être mise en cause dans certaines allergies.

Les infrarouges, responsables de la sensation de chaleur. Ils interviennent dans le vieillissement de la peau.

Les ultraviolets (ou UV) qui provoquent un vieillissement prématuré des tissus (comme la peau ou le cristallin) et sont responsables de nombreux cancers cutanés. Les ultraviolets peuvent être dissociés en 3 catégories:  les UV-A, UV-B et UV-C à énergies respectivement croissantes.

Important: le risque de cancer cutané est lié aux ultraviolets. Il n’est pas associé à la sensation de chaleur qui provient elle, des infrarouges.

Les bénéfices de l’exposition solaire

les bénéfices du soleil

À faible dose, les bénéfices d’une exposition solaire se répercutent sur notre corps et notre moral.
L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) rappelle que les UV sont indispensables à la synthèse de vitamine D et qu’ils jouent un rôle capital dans le traitement de certaines maladies comme le rachitisme, l’ostéoporose, l’inflammation (psoriasis, eczéma) ou l’ictère.

En stimulant la sécrétion de sérotonine*, le rayonnement solaire possède aussi une action positive sur le moral et l’humeur, action reconnue depuis un grand nombre d’années. L’efficacité de la luminothérapie dans le traitement des troubles du rythme circadien et des dépressions saisonnières est d’ailleurs validée internationalement.
*neurotransmetteur régulateur de l’humeur, du sommeil et de l’appétit

Les effets indésirables du soleil

Une exposition solaire directe et/ou prolongée a néanmoins des effets néfastes sur l’homme et peut provoquer des lésions cutanées, oculaires et immunitaires.

À court terme, l’effet le plus courant remarqué est l’érythème ou communément appelé « coup de soleil ».

À long terme, les rayonnements UV peuvent altérer les cellules cutanées et les vaisseaux sanguins provoquant un vieillissement prématuré de la peau, des dermatoses ou plus gravement, des cancers cutanés.
L’atteinte oculaire se manifeste par une réaction inflammatoire, voire une cataracte.

En finir avec les idées reçues

Suite à une exposition solaire prolongée, l’absence de coups de soleil ne signifie pas forcément l’absence de dégâts pour la peau.

VRAI !

Les UV-A pénètrent la peau facilement sans induire de coups de soleil. Néanmoins, ils provoquent des dommages cellulaires définitifs (principalement au niveau de l’ADN) et augmentent ainsi le risque de cancer cutané.

Une peau bronzée protège des risques de cancer cutané.

FAUX !

Une peau bronzée est désensibilisée aux coups de soleil, mais n’est pas pour autant à l’abri des risques de cancer cutané. Une peau bronzée doit donc être protégée !

Les cabines de bronzage utilisent des UV artificiels et ne présentent donc aucun risque.

FAUX !

Les ultraviolets utilisés dans les cabines de bronzage sont cancérigènes et leur utilisation est formellement déconseillée. L’Institut National du Cancer rappelle que les dangers d’une cabine de bronzage sont équivalents à une exposition « sur une plage des Caraïbes sans protection solaire ».

Les dangers encourus par une exposition solaire intense et/ou prolongée sont proportionnels à la sensation de chaleur ressentie.

FAUX !

Les rayons ultraviolets responsables notamment des risques de cancer cutané n’émettent pas de chaleur. La chaleur ressentie au cours d’une exposition solaire est induite par les rayonnements infrarouges (responsables entre autre du vieillissement de la peau).

À la plage, les risques de brûlures par le soleil sont plus importants qu’au ski.

FAUX !

Les rayons UV sont réfléchis par l’eau à 5%, le sable à 20% et la neige ou la glace à 85%. Les risques de brûlures sont donc nettement plus important dans un environnement de neige ou de glace.

La filtration UV par des crèmes solaires n’est jamais totale et leur effet s’estompe avec le temps.

VRAI !

Il est primordial de combiner différentes protections solaires et de réitérer l’application d’une crème solaire toutes les 2 heures et/ou à la suite d’une baignade ou d’une activité en plein air.

Les gestes simples à adopter en toute circonstance

Se couvrir

  • Les vêtements amples, secs et à tissage serré constituent une solution simple et des plus efficaces contre les UV.
  • La protection du visage et de la nuque est assurée par le port d’un chapeau à large bord ou d’une casquette.
  • Les lunettes de soleil aux montures enveloppantes et disposant de filtres anti UV préviennent des lésions oculaires.

Appliquer généreusement une crème protectrice sur les zones non couvertes, 15 minutes avant une exposition

  • Réitérer consciencieusement son application toutes les deux heures ainsi qu’à la suite d’une baignade ou d’une activité en plein air.
  • Un SPF (Sun Protection Factor) supérieur à 30 protège des UV-A et des UV-B.

Éviter l’exposition solaire entre 10h et 16h, période pendant laquelle le soleil est au plus haut dans le ciel, les rayonnements UV sont les plus forts et l’ombre la plus courte.

  • L’OMS préconise de suivre la règle suivante « Surveillez votre ombre: ombre courte, vite à l’ombre ! »

Protection renforcée des enfants et des adolescents, dont l’exposition plus fréquente impacte d’avantage leurs tissus sensibles.

Attention aux médicaments !
Certains médicaments sont photosensibilisants et provoquent une réaction excessive de la peau lors de son exposition solaire.
Il s’agit d’une réaction inflammatoire de phototoxicité provoquant un érythème cutané assimilable à un coup de soleil.
Locale ou généralisée, la réaction est d’intensité variable et cesse à l’arrêt du ou des médicament(s) en cause.
Au moindre doute, sollicitez votre médecin ou votre pharmacien et renseignez-vous des risques encourus du fait de votre traitement.

L’hiver, ne pas relacher la vigilance

soleil d'hiver

Alors que les températures extérieures diminuent, les rayonnements UV maintiennent leur intensité et pénètrent les nuages à plus de 80%.
Afin d’éviter les séquelles des UV sur une peau fragilisée par le froid et le vent, il est recommandé d’appliquer une crème protectrice et un baume à lèvre anti-UV dont le SPF est au minimum égal à 15.
Si se couvrir répond à la logique hivernale, il est nécessaire d’insister sur la nécessité du port d’un chapeau à bord large et de lunettes de soleil disposant d’un filtre anti UV.

En altitude, l’intensité des rayonnements UV est renforcée. Elle augmente d’environ 10% pour 1000 mètres d’élévation.
En réfléchissant 85% des rayonnements solaires, la neige amplifie les effets des ultraviolets. Le froid, le vent et la transpiration fragilisent l’épiderme, érodent la crème solaire et atténuent sa protection.

Références

Organisation Mondiale de la Santé, Rayonnement ultraviolet, (page consultée en décembre 2017), [en ligne].
http://www.who.int/uv/health/fr/

Santé Publique France, Risques solaires, (page consultée en décembre 2017), [en ligne].
http://www.prevention-soleil.fr/gestes-simples-proteger.php

Abimelec dermatologue, Lucite et Allergie au soleil, mise à jour scientifique : décembre 2015, (page consultée en décembre 2017), [en ligne].
https://www.abimelec.com/

Institut National du Cancer, Bronzage artificiel : combattre les idées reçues, (page consultée en décembre 2017), [en ligne].
http://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Reduire-les-risques-de-cancer/Exposition-aux-rayonnements-UV/Bronzage-artificiel-combattre-les-idees-recues

CNRS, Institut national des sciences de l’univers, Le rayonnement ultraviolet solaire, son impact sur l’atmosphère urbaine et la surface de l’océan, (page consultée en décembre 2017), [en ligne]. http://www.insu.cnrs.fr/environnement/le-rayonnement-ultraviolet-solaire-son-impact-sur-l-atmosphere-urbaine-et-la-surface-d

Ana Filipe Monteiro, Margarida Rato, César Martins. Drug-induced photosensitivity: Photoallergic and phototoxic reactions [abstract]. Clinics in Dermatology, 2016 ; Volume 34, Issue 5, Pages 571-581

Skin Cancer Foundation, Essential Outdoor Sun Safety Tips for Winter, (page consultée en décembre 2017), [en ligne].
https://www.skincancer.org/healthy-lifestyle/outdoor-activities/essential-sun-safety-information-for-skiers-and-snowboarders